Le Salve Regina fait partie des premières vêpres de la fête de la nativité de la Vierge (8 septembre). Les premières vêpres sont célébrées la veille, le soir du 7 septembre. Les chants sont présentés dans une notation carrée précise et lisible. On y trouve des abrévation courantes à l'époque. Pour faire des économies de parchemin, on écrivait souvent ce qui était important et nécessaire. Les choses courantes et connues sont écrites en abrégé ou laissées de côté, car les chantres connaissaient par coeur les manques ou savaient les trouver ailleurs.
Chant tiré de l’antiphonaire-hymnaire cistercien de l’abbaye cistercienne de Pairis.
Manuscrit conservé à la Bibliothèque des Dominicains de Colmar sous le numéro 318, folio 217
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III. Ave Maris Stella
Chant tiré de l’hymnaire et processionnal cistercien de l’abbaye cistercienne de Pairis, mais auparavant de l'abbaye de Maulbronn, (au centre du triangle Karlsruhe, Heidelberg, Stuttgart).
A Pairis au XIIème siècle, avant 1175
Manuscrit conservé à la Bibliothèque des Dominicains de Colmar sous le numéro 441, folios
L’hymne Ave Maris Stella prévu pour la fête a été emprunté au manuscrit 441. Il est composé de dimètres trochaïques brachycatalectiques et il occupe avec sa mesure complète réduite à ses trois pieds une position à part dans l’hymnologie. Son rythme aérien de danse et de procession à 3x3 marqué par la mystique moyenâgeuse des chiffres, correspond au Tempus perfectum polyphonique du gothique flamboyant, c’est-à-dire que le chiffre parfait 3 (la Trinité) est divisé par trois et apparaît trois fois dans chaque demi-vers. 3x3=9, chiffre qui correspond à son tour aux neuf niveaux hiérarchiques des anges chantant les louanges du Seigneur dans le ciel. Le nombre total des vers est de sept, une allusion aux sept archanges originaux et donc à Gabriel, l’AVE naissant de la permutaion des voyelles d’EVA.
Dimètre = vers à deux pieds
Trochaïque = rythme à longue-brève (noire-croche en ternaire, par exemple)
Brachycatalectique = vers auquel il manque un pied.
IV. Felix Thomas, Doctor, Scandit Doctor et Mentis Innocentia
Antiphonaire dominicain d’hiver, XIVème siècle, avant 1326.
Manuscrits conservé à la Bibliothèque des Dominicains de Colmar sous le numéro 309, folios 265-266
Thomas d’Aquin est né en 1224 dans le sud de l’Italie et entre dans l’Ordre dominicain à Naples vers 1244. Cet ordre qui attache une si grande importance à l’étude encourage Thomas dans cette voie et le fait professeur : sa production littéraire est sans commune mesure au Moyen Âge. En vertu de son œuvre théologique et de ses miracles post mortem, le pape Jean XXII le canonise en 1323. Les deux chants suivants sont tirés des offices liturgiques des deux fêtes du calendrier qui, au Moyen Âge, étaient dédiées à Saint-Thomas. Le 7 mars pour sa naissance au ciel, c’est-à-dire sa mort, et le 28 janvier dès 1370 pour le transfert des ses reliques à Toulouse.
« Felix Thomas doctor ecclesie lumen mundi splendor Ytalie candens virgo flore mundicie bina gaudet corona glorie. » Heureux Thomas, docteur de l‘Eglise, lumière du monde, splendeur de l’Italie, vierge et fleur resplendissante de pureté, la double couronne de gloire fait ta joie.
« Scandit doctor, civis celestium, orbis decor, dux, lux fidelium, norma, limes, lex morum omnium, vas virtutum ad vite bravium. » Il s’élève, le docteur, le citoyen des cieux, le joyau de l’univers, guide et lumière des fidèles, la norme, la borne et la loi de toute conduite, le vas de vertu, il accède à la récompense de sa vie.
« Mentis innocentia, flosque puritatis, exstiterunt praevia, luci veritatis. » La candeur de son âme et la fleur de sa pureté nous conduisent dans la lumière de la vérité.