Dans le sillage d'Orphée

 

Orfeo ed Euridice, opéra de Gluck, naît le 5 octobre 1762 à Vienne.

Le rideau se lève sur le tombeau d’Eurydice. Orphée pleure son épouse perdue.
Les Nymphes et les Bergers fleurissent la tombe en chantant tristement.
Orphée demeure inconsolable. Mais Zeus a pitié de lui.
Le Dieu Amour lui propose de retrouver sa belle Eurydice.
Stupeur, interrogation. Est-ce possible ?
A deux conditions ;
Il t’est interdit de regarder Eurydice avant que tu ne sois sorti des antres du Styx !
Et tu ne dois pas lui révéler cette interdiction, sinon, tu la perdras de nouveau et pour toujours.
Bien entendu, Orphée accepte cette loi et nous le retrouvons bientôt au royaume des morts.

Enfin, Orphée retrouve Eurydice qui vient vers lui, accompagnée par un chœur d’Héroines.
Il s’agit à présent de quitter ces lieux en respectant la loi dictée par le Dieu Amour. Orphée prend la main d’Eurydice, sans se retourner, et la guide vers la sortie.

Mais, pourquoi ne veut-il pas la regarder, pourquoi ne veut-il pas lui parler ? Tant de tourments qu’Eurydice ne peut accepter. Va-t-il enfin lui dire pourquoi ?
L’aime-t-il encore ? Le retour à la vie en vaut-il vraiment la peine si Orphée l’abandonne dans le doute ? Elle le supplie.

Orphée s’est retourné ; il a perdu son Eurydice. Elle est retourné aux enfers pour l’éternité, sans espoir de revenir.
L’aria qui suit est resté gravé dans le registre des œuvres célèbres, celles qui ont traversé le temps. Che faro senza Euridice? Que ferai-je sans mon Eurydice ?
Plus connu dans sa version française « J’ai perdu mon Eurydice ».

Orphée veut se donner la mort. Mais Amour a pitié de lui et lui rend Eurydice.
Celle-ci se réveille et se dirige vers Orphée. Ils s’embrassent. Orphée est un mythe issu du monde antique grec et qui a connu de nombreuses interprétations.
Plusieurs compositeurs ont été séduit par le mythe d’Orphée. Certains ont même imaginé les noces du couple, avant la disparition d’Eurydice. C’est le cas de Luigi Rossi et de son Orfeo, une œuvre qui sera considérée comme le premier véritable opéra baroque et qui a été créé en 1647 à Paris.

Chez Monteverdi, Orphée ne se marie pas ; il n’en aura pas le temps. Certes, il est très amoureux et il chante à Eurydice son bonheur, qu’elle partage avec lui.
Sur un texte de Alessandro Stiggio, ce premier opéra de Claudio Monteverdi sera représenté à Mantoue en l’année 1607.

Orphée a fait couler beaucoup d’encre à travers les siècles. Des plumes de musiciens anciens aux mixages électroniques, Orphée a laissé des traces parfois surprenantes. Dans les périodes précédentes, celles de Gluck et de Monteverdi, citons aussi Marc-Antoine Charpentier avec La Descente d’Orphée aux Enfers

Louis-Nicolas Clérambault écrit en 1728, une cantate en 5 parties intitulée Orphée.Pierre Henry compose en 1953, Voile d’Orphée, une musique électro-acoustique. En musique électro-acoustique, Bernard Parmegiani écrit en 1972 Pour en finir avec le pouvoir d’Orphée, en 6 mouvements : Faire - Défaire - Kaléidoscope I - Kaléidoscope II - L’Oscillée - Unisson des voix
N’oublions pas Charles Trenet qui en fit une très belle chanson.
Le récitatif est une partie de l’opéra qui met en valeur le texte. C’est comme si l’orchestre se mettait entre parenthèses pour que le ou les solistes puissent chanter ou dire leur texte de manière intelligible. Seuls quelques accords ponctuent le discours. Un aria, ou un air, c’est un peu l’inverse du récitatif, puisque c’est la musique qui est mise en valeur. L’orchestre participe activement au chant du ou des solistes. L’ouverture est proprement orchestrale. C’est la partie que l’on entend avant le début de l’action. L’opéra commence avec l’ouverture.

Le ballet est un intermède musical dansé. La danse ayant une place très importante dans la société, elle trouve dans l’opéra une place de choix.
Pourquoi Oprhée est-il chanté par une voix de soprano ou de mezzo-soprano ?
C’était une tradition, à Vienne, de faire chanter des castrats pour les héros d’opéra.